Marché et financement à Lyon
Le baromètre des taux du crédit immobilier : où il est publié, et ce qu'il ne dit pas
Le taux moyen relevé chaque mois par l'Observatoire Crédit Logement/CSA : où le lire, avec son périmètre et sa date, et pourquoi il n'est pas le vôtre.
Le taux moyen des crédits immobiliers est publié chaque mois dans le tableau de bord de l'Observatoire Crédit Logement/CSA. C'est une moyenne nationale, hors assurance et hors coût des garanties : elle ne dit ni le taux qu'obtiendra un dossier précis, ni le coût total d'un crédit, et elle n'existe pas à l'échelle de Lyon ou du Rhône. Elle sert de repère pour situer une offre, jamais de prévision.
Par Sandy MASCART, mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement ORIAS 26000541
L'essentiel à retenir
- Le taux moyen publié chaque mois par l'Observatoire Crédit Logement/CSA est une moyenne nationale hors assurance, jamais le taux d'un dossier précis.
- Ce relevé n'existe à aucune échelle lyonnaise ou régionale : aucun producteur ne publie de série mensuelle propre à Lyon ou au Rhône.
- Une hausse du taux moyen peut venir d'un déplacement vers des durées plus longues, sans qu'aucune banque n'ait modifié son propre barème.
- Un taux moyen ne dit rien du coût total d'un crédit, puisqu'il exclut l'assurance emprunteur, la garantie et les frais de dossier.
- Les taux directeurs de la banque centrale orientent le marché du crédit immobilier à taux fixe, ils ne le fixent pas directement.
Le taux moyen des crédits immobiliers accordés en France est relevé chaque mois par l'Observatoire Crédit Logement/CSA, qui le publie dans son tableau de bord. Bien lu, il sert de repère pour situer une offre ou arbitrer une renégociation. Mais c'est une moyenne constatée sur la production bancaire française, hors assurance et hors coût des sûretés : un indicateur, jamais une offre, et le taux de personne en particulier. Cette page en donne la lecture, sans le recopier : elle appartient au suivi du marché lyonnais et de son financement.
Où est publié le taux moyen des crédits immobiliers ?
Dans le tableau de bord mensuel de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, qui le relève sur le secteur concurrentiel et le décline par durée. Il s'agit d'un taux nominal moyen, hors assurance emprunteur et hors coût des garanties, mesuré sur l'ensemble de la production française. Le communiqué de presse du même producteur en donne le commentaire du mois.
Le chiffre n'est pas recopié ici : une moyenne d'observatoire ne veut rien dire sans la date de son relevé et le périmètre mesuré, qui ne vivent que sur le document source, cité par cette page. La série est de plus révisable : un niveau cité de mémoire, ou capturé il y a trois mois dans un article non daté, décrit un marché qui n'est plus celui devant lequel vous êtes.
Ce chiffre s'applique-t-il à Lyon ?
Non. Le relevé de l'Observatoire Crédit Logement/CSA porte sur la production bancaire française dans son ensemble : c'est une série nationale, et elle n'est pas déclinée par commune ni par département. Aucun producteur ne publie de série mensuelle régionale équivalente pour Lyon ou pour le Rhône.
Titrer « les taux immobiliers à Lyon ce mois-ci » au-dessus d'un chiffre national est donc une affirmation fausse, vérifiable en une minute. Sur un site tenu par un professionnel contrôlé par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, ce serait une information trompeuse.
Ce qui varie localement, ce n'est pas le barème bancaire, national ou régional selon le réseau, mais le dossier : montant emprunté, apport, durée nécessaire pour tenir la mensualité au prix du mètre carré local. À Lyon et dans sa périphérie, c'est le prix qui déforme le plan de financement, pas un taux lyonnais qui n'existe pas.
Pourquoi le taux moyen bouge-t-il alors que les barèmes bancaires n'ont pas changé ?
Parce qu'une moyenne dépend autant de la composition de ce qu'on moyenne que des prix eux-mêmes. Quand la part des prêts longs augmente, le taux moyen monte mécaniquement, les prêts longs étant plus chers — même si aucune banque n'a modifié son barème. L'Observatoire chiffre cet effet de structure.
Cherchez la ligne de son tableau de bord qui le chiffre : elle sépare la part de la hausse qui vient des barèmes bancaires de celle qui vient du déplacement de la production vers les durées longues. Sans elle, l'emprunteur lit une dégradation des conditions là où il n'y a qu'un changement de ce qu'on moyenne.
Deux autres relevés du même document, rarement repris, expliquent ce déplacement. La durée moyenne des prêts accordés, publiée en mois : la moyenne des durées effectivement accordées, tous profils confondus, qui monte quand les dossiers s'allongent pour tenir la mensualité.
La part des prêts consentis sur vingt-cinq ans ou plus, ensuite, avec le contresens qu'elle appelle et que le relevé permet d'écarter lui-même : cette part n'est pas à un sommet historique. Le tableau de bord donne dans la même phrase les niveaux des deux exercices précédents, et c'est cette comparaison, pas le niveau seul, qui dit dans quel sens la production se déforme.
Conséquence directe : une hausse du taux moyen due à la structure de la production ne signifie pas que les conditions se sont dégradées pour votre dossier. Si votre plan de financement tient sur une durée courte, vous êtes du côté de la distribution qui n'a pas bougé.
Lire un taux moyen sans contresens : quatre précautions
Un taux moyen ne dit pas quel taux recevra votre dossier : une moyenne recouvre des dossiers dont les meilleurs et les moins bons s'écartent fortement d'elle. Il ne dit rien du coût total non plus, car il exclut l'assurance emprunteur, le coût de la garantie et les frais de dossier, qui figurent au taux annuel effectif global.
Dans l'ordre où elles servent :
- Nature du taux. C'est un taux nominal moyen, pas un taux annuel effectif global. L'écart entre les deux n'est pas anecdotique, et le vocabulaire est détaillé dans comment lire les taux affichés.
- Périmètre. Production nationale du secteur concurrentiel : les prêts réglementés et les financements aidés, soumis à d'autres règles de taux, n'entrent pas dans cette mesure.
- Dispersion. Un meilleur taux annoncé sous la moyenne ne la contredit pas : il décrit l'extrémité d'une distribution dont la moyenne décrit le centre. Les deux ne se comparent pas.
- Date. Un relevé mensuel décrit le mois écoulé, pas la semaine en cours. Entre les deux, un mouvement des taux souverains peut avoir déplacé les barèmes sans qu'aucun indicateur ne l'ait encore enregistré.
Les taux directeurs de la BCE expliquent-ils ce niveau ?
Ils l'orientent, ils ne le fixent pas. Un crédit immobilier à taux fixe se refinance sur des ressources longues, pas au jour le jour : les décisions de politique monétaire agissent surtout comme signal sur les anticipations. Les deux taux directeurs en vigueur sont indiqués ci-dessous avec leur date de changement.
C'est le taux directeur qui pilote aujourd'hui les conditions monétaires de la zone euro. La date affichée est celle de son dernier changement de niveau, pas celle du relevé.
- En vigueur depuis le
- Source
- data-api.ecb.europa.eu
- En vigueur depuis le
- Source
- data-api.ecb.europa.eu
Qui agit sur quoi, à quel délai, et pourquoi une baisse des taux directeurs ne se transmet pas au crédit immobilier au même rythme qu'une hausse : la mécanique complète est dans quand les taux immobiliers vont-ils baisser.
Comment cette page est tenue
Chaque valeur affichée ici porte quatre attributs : la source nommée, le millésime du relevé, le périmètre mesuré et la nature du taux. Aucun chiffre n'est écrit dans le texte de la page : les valeurs sont lues dans une table datée au moment de l'affichage, et si un relevé manque, l'emplacement affiche qu'il ne peut rien affirmer.
Le rythme est celui du producteur : un relevé après chaque réunion de politique monétaire pour les taux directeurs, un par mois pour l'Observatoire. Un baromètre qui bouge plus souvent que sa source ne mesure plus rien.
Ce baromètre et une grille commerciale sont deux objets distincts, tenus séparément et sous deux régimes différents. Une moyenne de marché décrit ce qui a été accordé à d'autres ; elle n'engage personne et ne se propose pas.
Utiliser le baromètre pour votre propre dossier
Utilisez-le comme repère de niveau, jamais comme prévision du taux de votre dossier. La question utile n'est pas « suis-je au-dessus ou en dessous de la moyenne » mais « quel coût total ce financement représente-t-il sur ma durée ». Le second chiffre se calcule, le premier se constate.
Deux bons usages, et un mauvais.
- Situer un taux déjà obtenu. Si vous détenez une offre, la comparaison avec la moyenne de la période de votre offre dit si elle était dans le marché.
- Arbitrer sur un prêt en cours. L'écart entre votre taux actuel et le niveau du marché est le premier terme du calcul de rentabilité exposé dans renégocier ou faire racheter son prêt ; les frais décident du reste.
- Le mauvais usage : attendre que la moyenne descende à un niveau choisi d'avance. Une moyenne n'est pas un prix affiché, et personne ne l'a fixée. C'est aussi le raisonnement qui pousse à accepter un taux variable en pariant sur la suite : on signe alors non pas un taux mais une clause de révision, décortiquée dans le prêt à taux variable, ce que la clause dit.
Pour traduire un niveau de taux en mensualité et en coût total sur votre durée, le simulateur de mensualité fait le calcul à partir de vos chiffres. Ce que votre dossier peut réellement obtenir, lui, se mesure en regardant ce dossier, pas une moyenne : faites-le situer par téléphone, dernière offre ou tableau d'amortissement en main.
Sources
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