Investissement locatif · Question précise
Investir dans le locatif avant sa résidence principale : le bon ordre à Lyon
Locatif d'abord, résidence principale ensuite ? Vous restez primo-accédant, mais ce premier achat pèse sur le taux d'effort, l'apport et le PTZ.
Acheter un bien locatif avant sa résidence principale est possible et ne fait pas perdre la qualité de primo-accédant, qui ne regarde que le logement habité. Mais le premier prêt pèse sur le second : sa mensualité compte en charge alors que le loyer n'est souvent retenu qu'en partie, l'apport est consommé, et les loyers peuvent faire dépasser les plafonds de ressources du prêt à taux zéro.
Par Sandy MASCART, mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement ORIAS 26000541
L'essentiel à retenir
- Acheter un bien locatif en restant locataire de son logement ne fait pas perdre la qualité de primo-accédant, qui ne regarde que la résidence principale.
- Le loyer d'un bien loué nu entre dans le revenu fiscal de référence et peut faire dépasser les plafonds de ressources du prêt à taux zéro.
- Le jour du second achat, la mensualité du premier prêt locatif pèse en charge alors que le loyer perçu n'est le plus souvent retenu qu'en partie par la banque.
- La marge de dérogation des banques favorise l'achat d'une résidence principale : un projet locatif doit entrer dans la norme sans compter sur une souplesse.
- Un premier prêt locatif consomme l'apport et retarde la reconstitution de l'épargne nécessaire au futur achat de la résidence principale.
Oui, c'est possible, mais pas toujours judicieux. Acheter pour louer en restant locataire de son logement ne fait pas perdre la qualité de primo-accédant : la règle regarde la propriété de votre résidence principale, pas celle d'un bien loué. En revanche, ce premier prêt pèse dans votre taux d'effort, consomme votre apport, et il se présentera à la banque le jour où vous achèterez pour vous. Simuler les deux achats avant le premier évite de fermer la porte au second. Cette page appartient au dossier consacré à l'investissement locatif.
À Lyon, louer où l'on vit, acheter où l'on peut
Dans une grande métropole, on loue souvent mieux qu'on ne peut acheter. Beaucoup de foyers lyonnais, bien logés dans un quartier où ils ne pourraient pas acheter la même surface, se demandent s'il vaut mieux placer leur capacité d'emprunt dans un petit bien à louer — à Lyon, à Villeurbanne ou plus loin — que d'attendre.
Prix et loyers sont des valeurs de marché qui bougent ; ils sont traités, avec ce que la banque lit d'un rendement, dans l'article sur le financement d'un locatif à Lyon. Ici, une seule question : dans quel ordre acheter, et ce que le premier achat fait au second.
Reste-t-on primo-accédant après un achat locatif ?
Oui, tant que vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale. La condition du prêt à taux zéro vise le logement que l'on habite, pas le patrimoine que l'on détient : un bailleur qui reste locataire de son propre logement la remplit. Elle s'apprécie sur une période fixée par le texte, en remontant depuis l'émission de l'offre de prêt.
Le texte vise la propriété de la résidence principale. Un bien acheté pour être loué, que l'on n'a jamais habité, n'entre pas dans cette condition.
- En vigueur depuis le
- Source
- Article D. 31-10-4 du code de la construction et de l’habitation — Légifrance
La même définition sert aux règles d'octroi des banques, qui réservent une part de leur souplesse aux primo-accédants.
emprunteur (ou co-emprunteurs) en accession à la première propriété au sens de l’article L. 31-10-3 du code de la construction et de l’habitation
Le renvoi est fait au texte du prêt à taux zéro : c'est la première propriété de la résidence principale qui compte.
- En vigueur depuis le
- Source
- Légifrance
Deux nuances, pour ne pas en tirer trop.
- Le piège : habiter le bien. Si vous vous installez dans le logement acheté pour louer, il devient votre résidence principale ; la période de non-propriété ne recommence à courir qu'à partir du jour où vous le quittez.
- Le prêt à taux zéro est sous conditions de ressources. Le montant que le texte compare au plafond n'est pas votre salaire du mois : c'est la somme des revenus fiscaux de référence des futurs occupants du logement, prise sur une année antérieure — sauf si une fraction du coût de l'opération, elle aussi fixée par le texte, se révèle supérieure, auquel cas c'est elle qui sert. Et ce revenu fiscal de référence s'entend du montant net des revenus retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu : les loyers d'un logement nu loué, qui relèvent des revenus fonciers, en font partie. Un locatif peut donc vous rapprocher du plafond, voire vous le faire franchir. Plafonds et revenu retenu sont détaillés dans l'article sur le PTZ à Lyon.
Le jour du second prêt, ce que pèse le premier
C'est le vrai sujet. Au moment du prêt pour la résidence principale, la mensualité du locatif sera une charge, et le loyer encaissé un revenu que la banque, le plus souvent, ne retient qu'en partie. Le solde entre dans un taux d'effort plafonné.
Toutes les charges d'emprunt du foyer sont prises en compte, assurance comprise, y compris celles du prêt locatif déjà en cours.
- En vigueur depuis le
- Source
- Décision D-HCSF-2021-7, art. 1er — Légifrance
La pondération des loyers et les méthodes de calcul sont expliquées dans l'article sur les revenus locatifs et l'endettement. Trois points à en retenir ici.
- Un locatif qui s'autofinance sur le papier pèse quand même. Le loyer n'étant le plus souvent compté qu'en partie, une opération équilibrée dans votre tableur ajoute de l'endettement dans celui de la banque.
- Votre loyer actuel disparaît du calcul. À l'achat de la résidence principale, la nouvelle mensualité remplace le loyer que vous payez : l'ordre « locatif d'abord » tient pour des revenus confortables, pas pour des revenus justes.
- La durée restante compte. Un prêt locatif récent pèsera pendant toute la vie du second.
Le locatif doit tenir sans dérogation
Les banques peuvent s'écarter des critères d'octroi pour une fraction de leur production, mais cette marge est orientée : la plus grande part est réservée à ceux qui achètent leur résidence principale.
Ce qui reste est libre d'utilisation, et tous les autres projets se le partagent : locatif, résidence secondaire, et le reste.
- En vigueur depuis le
- Source
- Décision D-HCSF-2023-2, art. 1er — Légifrance
Un dossier d'investisseur doit donc entrer dans la norme sans dérogation. Et l'ordre joue deux fois : le locatif est jugé strictement aujourd'hui, et la résidence principale portera demain son poids, dans un calcul où la dérogation reste possible, jamais acquise. Le détail de ces règles est dans l'article sur le taux d'endettement.
Un apport consommé, et long à reconstituer
Un achat locatif se finance rarement sans apport : les frais d'acquisition, au minimum, sont attendus sur vos fonds propres. Cet argent manquera à la résidence principale, et il se reconstitue lentement : l'épargne mensuelle comble désormais l'écart entre le loyer reçu et la mensualité, les charges, la taxe foncière et la vacance.
La bonne question n'est donc pas « y a-t-il de quoi investir ? », mais « dans combien de temps pourra-t-on de nouveau acheter pour soi, et ce délai est-il acceptable ? ». Si la réponse est « on ne sait pas », étudiez d'abord l'ordre inverse.
Locatif d'abord ou résidence principale d'abord : la grille
| Situation | Locatif d'abord | Résidence principale d'abord |
|---|---|---|
| Vous ne savez pas où vous vivrez dans quelques années (mobilité, carrière) | Se défend : vous ne figez pas votre lieu de vie | Risque de revente précoce, coûteuse |
| Votre logement loué vous convient et son loyer est raisonnable | Se défend | Peu d'urgence |
| Vos revenus laissent une marge nette après le locatif | Se défend | Possible aussi |
| Vos revenus sont justes pour le projet de résidence principale visé | Déconseillé : le locatif fermera la porte | À privilégier |
| Vous comptez sur un prêt à taux zéro et vos ressources frôlent le plafond | À étudier de près : les loyers peuvent vous en sortir | À privilégier |
| Un projet d'enfant ou d'agrandissement est proche | Déconseillé : le besoin de surface arrivera avant la capacité | À privilégier |
Aucune ligne n'est une règle : la grille se remplit avec vos chiffres, pas avec des moyennes.
Monter le premier prêt en pensant au second
C'est ce qui manque le plus souvent.
- Choisir une durée et une mensualité qui laissent de la place au futur prêt, plutôt que de maximiser le locatif.
- Garder une épargne de précaution intacte après l'opération : la banque du second achat lira vos relevés, et un investisseur sans réserve inquiète.
- Tenir une comptabilité propre du bien : bail, quittances, déclarations de revenus fonciers. Le jour du second dossier, un loyer prouvé est un loyer compté.
- Ne pas multiplier les petits crédits entre les deux achats : chaque mensualité ajoutée se retranche de la capacité à venir.
Simuler les deux achats avant d'en signer un
Sandy Mascart est mandataire d'intermédiaire en opérations de banque : un mandataire ne vend aucun bien, aucun programme et aucun produit de défiscalisation, ne promet ni accord ni taux, et ne donne pas de conseil fiscal. Ici, son travail consiste à simuler les deux achats avant d'en faire un.
- Calculer votre capacité pour la résidence principale seule, aujourd'hui, pour savoir à quoi vous renonceriez.
- Refaire le calcul avec le locatif en place, loyers pondérés comme une banque les pondère, pour mesurer ce qu'il resterait demain.
- Vérifier ce que deviennent les aides auxquelles vous pouvez prétendre, prêt à taux zéro en tête, une fois les loyers ajoutés à vos revenus.
- Vous dire lequel des deux ordres tient, y compris quand la réponse est d'attendre.
Les pièces sont listées sur la page des pièces à réunir, et les honoraires de Sandy Mascart, poste par poste, sur la page honoraires. Pour poser les deux scénarios côte à côte : comparer les deux ordres d'achat au téléphone, avec vos deux derniers avis d'imposition et le montant de votre loyer actuel.
Sources
- Décision D-HCSF-2021-7 — Légifrance
- Décision D-HCSF-2023-2, art. 1er — Légifrance
- Légifrance — /codes/section_lc/LEGITEXT000006074096/LEGISCTA000023361850/
- Article D. 31-10-3-2 du code de la construction et de l’habitation — Légifrance
- Légifrance — /codes/article_lc/LEGIARTI000054373249
- Légifrance — /codes/article_lc/LEGIARTI000006302217
Préparer ma demande Appeler le 06 37 98 81 25
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