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Sandy MASCART Conseil et négociation de prêt immobilier · Lyon

Primo-accédants

Donation des parents pour l'apport : faire compter le don sans bloquer le dossier

Don des parents pour l'apport : les pièces qui prouvent l'origine des fonds, ce qui se déclare, et ce qui se demande au notaire avant le virement.

Un don des parents compte comme apport, sans créer de charge, s'il est écrit, daté et tracé : un écrit qui nomme l'opération, la preuve du virement des deux côtés et, lorsque le don y est soumis, la preuve de sa déclaration fiscale. Sans ces pièces, la somme reste un mouvement inexpliqué qui suspend l'instruction. Un prêt familial, même sans intérêt, est une dette comptée dans les charges.

Par , mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement ORIAS 26000541

Hirondelle adulte en vol qui donne la becquée à un jeune perché sur une gouttière de zinc, sous le rebord d'un toit de vieilles tuiles.
Photo Rémi Coubraz · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · recadrée et retraitée, diffusée sous la même licence

L'essentiel à retenir

  • La banque vérifie toujours l'origine de l'apport : un virement familial sans écrit ni trace suspend l'instruction du dossier.
  • Un don augmente l'apport sans créer de charge ; un prêt familial, même sans intérêt, est une dette comptée dans les charges de l'emprunteur.
  • Le don familial de somme d'argent bénéficie d'une exonération propre, qui se cumule avec l'abattement de droit commun en ligne directe.
  • La déclaration du don à l'administration fiscale lui donne une date certaine : c'est exactement ce que la banque cherche à établir.
  • Présent d'usage ou don, l'étiquette ne change rien pour la banque : la somme doit être écrite, datée et tracée pour compter comme apport.

Oui, la banque demandera d'où vient l'argent — systématiquement, et avant d'instruire. Un don familial écrit, daté et tracé compte comme apport sans créer de charge ; un virement sans justificatif, lui, reste un mouvement inexpliqué qui suspend l'instruction. C'est le point que les pages fiscales n'abordent jamais, alors que c'est lui qui bloque réellement les dossiers de premier achat.

Un don familial se joue sur trois plans distincts : le fiscal (déclarer, payer), le civil (succession, séparation) et le bancaire (prouver, pour que la somme compte comme apport). Cette page traite le bancaire à fond, le fiscal texte en main, et laisse le civil à celui dont c'est le métier : le notaire.

Les trois pièces qui font compter le don comme apport

Avant d'instruire, la banque vérifie d'où viennent les fonds de l'apport personnel : la vérification vaut pour tous les dossiers, et elle ne se négocie pas. Un virement familial se documente donc par un écrit et, selon les montants, par la déclaration fiscale du don ou l'acte notarié.

Ni curiosité ni soupçon : la question est posée à tout le monde. La banque demande trois choses.

  1. Un écrit qui nomme l'opération : lettre de donation, acte notarié, ou à défaut une attestation signée du donateur précisant qu'il s'agit d'un don sans contrepartie ni obligation de remboursement.
  2. La preuve du virement : relevés du compte émetteur et du compte récepteur, avec la date et le libellé.
  3. La preuve de la déclaration fiscale, lorsque le don y est soumis : récépissé du formulaire de déclaration de don manuel, ou copie de l'acte.

La phrase à ne jamais prononcer en rendez-vous est « mes parents m'aideront ». Elle transforme une donation en promesse, et une promesse ne se finance pas. La somme doit être reçue, tracée et documentée au dépôt du dossier, pas à la signature.

Don ou prêt familial : ce qui change pour la banque

Un don augmente votre apport sans créer de charge. Un prêt familial, même sans intérêt, est une dette : la banque le compte dans vos charges comme un crédit bancaire, et il réduit votre capacité d'emprunt.

Taux d'effort maximal des emprunteurs
35,00 %

Les banques comptent un prêt familial remboursable parmi vos charges. Un don n'y entre pas : il augmente l'apport.

En vigueur depuis le
Source
Décision D-HCSF-2021-7, art. 1er — Légifrance

Le piège est l'entre-deux : un « don » assorti oralement d'une intention de remboursement. L'écrit ne dit alors pas la vérité — ni à la banque, ni à l'administration, ni à la famille. Choisissez, et écrivez-le.

Un prêt familial bien fait s'écrit — reconnaissance de dette et échéancier —, se présente tel quel à la banque, et son éventuelle déclaration se vérifie sur impots.gouv.fr avant le versement. Il coûte de la capacité d'emprunt, mais ne fait échouer aucun dossier, contrairement à un don mal documenté. La mécanique de l'apport dans son ensemble : ce que l'apport paie vraiment.

Recevoir sans droits de donation : l'exonération du don familial

Le don familial de sommes d'argent bénéficie d'une exonération propre, prévue par l'article 790 G du code général des impôts, qui se cumule avec les abattements de droit commun. Elle se renouvelle après un délai que le même texte fixe, et suppose que le donateur et le bénéficiaire respectent des conditions d'âge et de lien de parenté.

Exonération des dons familiaux de sommes d'argent
31 865 €

Article 790 G du code général des impôts. L'exonération s'apprécie par donateur et par bénéficiaire, et se cumule avec l'abattement personnel de droit commun.

En vigueur depuis le
Source
Article 790 G du code général des impôts — Légifrance

Trois conditions, souvent oubliées, à vérifier avant de compter dessus.

Une somme d'argent, et rien d'autre. Un bien immobilier, un titre ou un véhicule relèvent du régime général des donations.

Des conditions d'âge et de lien. Le texte vise les descendants — enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants — et n'ouvre le dispositif aux neveux et nièces qu'à défaut de descendance. Lisez ces conditions dans l'article lui-même : elles s'apprécient au jour du don.

Un calcul par couple donateur-bénéficiaire. Deux parents qui donnent chacun à un même enfant ouvrent chacun leur propre exonération : le calcul se fait donateur par donateur, jamais globalement.

Déclarer le don dans les délais

Un don de somme d'argent doit être déclaré à l'administration fiscale par le bénéficiaire, dans le délai fixé par l'article 790 G du code général des impôts, à compter de la date du don. Ne laissez pas passer ce délai : ce qu'un retard coûte se vérifie auprès de votre service des impôts, pas sur un forum.

un mois ()

La marche à suivre est sur impots.gouv.fr. Second effet, utile au dossier : la déclaration date le don, exactement ce que la banque cherche à établir.

Ce qui est en jeu Ce qu'il faut savoir ou vérifier Où le lire
Exonération du don familial de sommes d'argent 31 865 € () Code général des impôts, art. 790 G
Délai de déclaration à compter du don un mois () Code général des impôts, art. 790 G
Présent d'usage Qualification à faire valider avant de s'en prévaloir : elle ne se décide ni au guichet ni en famille Votre notaire
Prêt familial Un écrit daté avec son échéancier ; obligation déclarative à vérifier avant le versement impots.gouv.fr

Présent d'usage : l'étiquette ne dispense pas d'un écrit

Pour la banque, l'étiquette ne change rien : présent d'usage ou don, la somme doit être écrite, datée et tracée pour compter comme apport. Savoir si un versement destiné à un achat immobilier peut recevoir cette qualification est une question de droit civil et fiscal, à poser au notaire avant le virement, pas après.

C'est une qualification que je vois invoquée régulièrement, et presque toujours à tort. À tort, au moins, pour le dossier : elle sert le plus souvent à se dispenser d'un écrit, et une somme importante arrivée sans écrit est exactement le mouvement inexpliqué qui suspend l'instruction. La banque ne se contentera pas du mot « cadeau ».

Ses effets fiscaux et familiaux dépassent en outre largement le prêt : faites-la valider par un notaire, par écrit, avant le versement, plutôt que de la découvrir contestée des années plus tard.

Avant de solliciter la famille, regardez une ressource déjà à vous : un plan ou un compte d'épargne logement, dont le droit à prêt peut valoir davantage que sa rémunération. Ce qu'il ouvre encore : PEL et CEL, le droit à prêt vaut-il encore quelque chose ?

Succession et séparation : les questions à poser au notaire

Ce sont deux questions de droit civil, auxquelles cette page ne répond pas : la réponse dépend de la forme du don, de la composition de la famille et de votre situation de couple. Pour le dossier de prêt, une seule règle : les poser au notaire avant le versement, parce que c'est alors que la forme du don se choisit.

Deux sujets loin de la question fiscale, mais bien plus lourds.

La succession. Demandez comment le don sera pris en compte à l'ouverture de la succession du donateur, et sur quelle valeur — la somme versée, ou le logement qu'elle aura financé. Demandez aussi ce que changerait un acte notarié, donation simple ou donation-partage, par rapport à un don manuel. S'il y a des frères et sœurs, la question se pose à leur connaissance, pas dans leur dos.

La séparation. Si vous achetez à deux avec un apport inégal, demandez comment écrire l'origine des fonds dans l'acte d'achat pour qu'elle se retrouve plus tard. Le versant financement est traité dans l'emprunt à deux.

Sur ces deux points, la bonne interlocutrice ou le bon interlocuteur est le notaire, pas la banque et pas moi. Je le dis parce que l'inverse se voit souvent : une famille qui règle une question successorale au guichet, sur un conseil donné de bonne foi par quelqu'un dont ce n'est pas le métier.

Les virements qui déclenchent des questions de la banque

Tout virement familial est un mouvement à justifier : sans l'écrit qui qualifie l'opération, la preuve du transfert et, le cas échéant, la déclaration fiscale du don, la somme n'est pas comptée dans l'apport. Certains mouvements appellent en plus une demande complémentaire.

Ce qui déclenche une demande complémentaire, dans l'ordre de fréquence que je constate :

  • un virement récent et important au regard de vos revenus habituels, sans libellé explicite ;
  • une série de virements du même émetteur, étalés sur quelques mois, qui ressemble à un flux régulier plutôt qu'à un don ;
  • un dépôt d'espèces, quel qu'en soit le montant : il n'a pas d'origine traçable et ne se justifie pas ;
  • un compte à l'étranger dans le circuit, qui ajoute une couche de vérification ;
  • un donateur qui n'est pas un parent en ligne directe, ce qui change le régime fiscal et donc les pièces attendues.

La bonne pratique tient en une phrase : faites arriver l'argent tôt, avec un libellé clair, et joignez l'écrit au dossier dès le dépôt. Reçu, déclaré et documenté trois mois avant le dépôt, un don ne pose aucune question ; reçu la semaine du dépôt, il en pose plusieurs.

Rien d'inquiétant pour autant : la banque ne juge pas votre famille, elle documente un flux, par obligation. Ce qu'elle vérifie, ce n'est pas la légitimité du geste, c'est l'existence d'une trace.

Ce que je fais préparer avant le dépôt du dossier

Quatre pièces, réunies avant, jamais pendant :

  1. L'écrit qui qualifie l'opération — don, don manuel déclaré, donation notariée ou prêt familial avec reconnaissance de dette. Un seul mot, qui commande tout le reste.
  2. Le récépissé de déclaration fiscale ou l'acte, selon la voie retenue.
  3. La trace bancaire complète du transfert, des deux côtés.
  4. Le calendrier : la somme doit être sur votre compte quand la banque édite l'offre, pas à la signature chez le notaire.

Les autres pièces sont communes à tous les profils : elles sont détaillées dans la liste des pièces à fournir et tenues à jour sur la page des pièces à réunir. Pour savoir quelle part de cet apport partira en frais le jour de la signature, le simulateur de frais d'acquisition donne le montant à provisionner. Le mouvement financier non expliqué reste, année après année, la première des erreurs de dossier des primo-accédants. Pour l'écarter : faire relire les pièces du don par téléphone, avant le dépôt.

Sources

Préparer ma demande Appeler le 06 37 98 81 25

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