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Sandy MASCART Conseil et négociation de prêt immobilier · Lyon

Profils atypiques · Question précise

Emprunter enceinte ou en arrêt maladie : vos droits face à la banque et à l'assureur

Prêt immobilier enceinte, en congé de maternité ou en arrêt maladie : ce que la banque lit, ce que l'assureur peut demander, ce que la loi interdit.

Une grossesse ou un arrêt maladie n'interdit pas de demander un prêt immobilier. La banque lit des revenus et un contrat de travail, pas un état de santé ; chaque établissement décide comment lire un revenu de remplacement. L'assureur ne peut poser aucune question de santé quand les conditions de la loi Lemoine sont réunies. Le code pénal range la grossesse et l'état de santé parmi les motifs de discrimination.

Par , mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement ORIAS 26000541

Rangée de pierres de gué alignées d'une rive à l'autre d'une rivière calme, entre deux versants boisés, sous un ciel voilé.
Photo whity · Wikimedia Commons · CC BY 2.0 · recadrée et retraitée

L'essentiel à retenir

  • Une grossesse ou un arrêt maladie n'interdit pas de demander un prêt : la banque évalue des revenus et un contrat de travail, pas un état de santé.
  • Pendant un congé de maternité ou un arrêt, le revenu du moment n'est plus toujours le salaire habituel ; chaque banque décide comment le lire.
  • Quand les conditions de la loi Lemoine sont réunies, l'assureur ne peut solliciter aucune information relative à l'état de santé.
  • Le code pénal range la grossesse et l'état de santé parmi les motifs de discrimination ; son exception pour l'assurance ne nomme que l'état de santé.
  • Ce que cette exception permet à un assureur emprunteur face à une grossesse en cours n'est pas tranché ici : aucune pièce lue ne le décide.
  • La banque lit des revenus et des dates ; les pièces médicales ne vont qu'à l'assureur, quand il a le droit de les demander.

Une grossesse ou un arrêt maladie n'interdit pas de demander un prêt immobilier. Savoir qui a le droit de lire quoi protège votre dossier : la banque lit des revenus et un contrat de travail ; l'assureur emprunteur, un risque, dans des limites que la loi trace ; et le code pénal pose des interdits au-dessus des deux. Le congé parental, qui peut suivre la naissance, a sa propre page. Ce texte fait partie de la série sur les situations que les banques classent hors norme.

Enceinte ou en arrêt maladie, emprunter reste possible

Rien ne l'interdit. Aucun texte ne réserve le crédit immobilier aux personnes en activité à plein temps le jour du dépôt. L'article L. 313-16 du code de la consommation oblige le prêteur à évaluer la solvabilité à partir, notamment, des revenus et des dépenses, et à contrôler ces informations « en se référant notamment à des documents vérifiables ». La banque lit donc vos bulletins et votre contrat au jour de l'étude : un arrêt ou un congé en cours change déjà les revenus du moment, un congé de maternité à venir changera ceux des mois suivants.

Le plafond d'endettement ne change pas : c'est la base de revenus qui peut rétrécir, le temps de l'arrêt.

Plafond du taux d'effort fixé par le Haut Conseil de stabilité financière
35,00 %

Le ratio rapporte les charges d'emprunt, assurance comprise, aux revenus définis par la décision : revenu net avant impôt, hors ressources qui ne sont ni stables ni récurrentes. La manière dont chaque banque lit un revenu de remplacement pendant un congé ou un arrêt relève de sa politique de crédit.

En vigueur depuis le
Source
Décision D-HCSF-2021-7, art. 1er — Légifrance
Rangée de pots à pharmacie anciens en faïence blanche peinte de feuillages, posés sur une étagère de bois sombre, le bec tourné vers le côté.
Photo DrGrototo · Wikimedia Commons · CC BY 4.0 · recadrée et retraitée

Congé de maternité, arrêt : comment la banque lit vos revenus

Aucune grille commune : chaque établissement lit à sa façon un revenu de remplacement. Voici les lectures qu'on rencontre, pas celle que votre banque choisira.

Votre situation Ce que montrent les pièces Les lectures possibles
Enceinte, en poste, sans arrêt Des bulletins ordinaires Calcul inchangé ; reste à tenir la mensualité pendant le congé à venir
En congé de maternité Une absence sur le bulletin, des indemnités journalières, parfois un maintien de salaire Le salaire habituel si la reprise est écrite et proche, ou le seul revenu du moment
En arrêt maladie court, reprise datée Une ligne d'absence sur les bulletins de la période Un accident de parcours, s'il est expliqué par écrit
En arrêt long, sans date de reprise Des indemnités journalières, parfois un complément de prévoyance Un revenu temporaire : le dossier repose sur le co-emprunteur, ou attend la reprise
En reprise à temps partiel pour raison de santé Un salaire réduit et un complément à durée limitée Le salaire réduit, pour ce qu'il est ; le complément se lit mal comme un revenu durable

Les indemnités journalières rendent l'analyste prudent par leur durée limitée, plus que par leur montant. La grille complète des revenus retenus, pondérés ou écartés : le guide des revenus que la banque prend en compte.

Contrat de travail, période d'essai : ce que la grossesse change

Pour une salariée en contrat à durée indéterminée, le congé de maternité suspend le contrat, il ne le rompt pas. L'article L. 1225-25 du code du travail garantit la suite : au terme du congé, la salariée retrouve son précédent emploi, ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente. Un retour prévu par la loi, sur un poste et un salaire connus : c'est ce que l'analyste veut voir, et l'attestation de l'employeur le rend visible.

La période d'essai est un autre sujet. L'article L. 1225-1 du même code interdit à l'employeur de prendre en considération l'état de grossesse « pour rompre son contrat de travail au cours d'une période d'essai », et de « rechercher ou de faire rechercher toutes informations concernant l'état de grossesse de l'intéressée ». Ce texte s'adresse à l'employeur, pas au prêteur : il interdit un motif de rupture, il ne met pas fin à la période d'essai, qui reste lue comme telle. Les issues qui la débloquent sont dans la page sur les contrats non permanents.

Que dire à la banque, et que garder pour l'assureur

La banque a besoin de revenus et de dates, pas d'un diagnostic. Un congé ou un arrêt en cours se verra sur les bulletins : mieux vaut que le dossier l'explique d'avance. Aucun texte lu pour cette page n'oblige à annoncer une grossesse au prêteur, et la nature de l'arrêt n'a pas sa place dans le dossier de crédit. Les réponses de santé ne vont qu'à l'assureur, quand il a le droit d'en poser.

Trois œufs tachetés au creux d'un nid garni de plumes grises et de mousse, vu de près entre des feuilles.
Photo Petro Stelte · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · recadrée et retraitée, diffusée sous la même licence

Ce que l'assureur emprunteur peut demander, et ce qu'il ne peut pas

Première vérification, avant de remplir quoi que ce soit : relevez-vous de la suppression du questionnaire de santé ?

Quand les deux conditions sont réunies, le texte est net : « aucune information relative à l'état de santé ni aucun examen médical de l'assuré ne peut être sollicité par l'assureur ». Une question sur un arrêt en cours ou sur une grossesse y entre-t-elle ? Le texte ne le dit pas : demandez-le par écrit à l'assureur, avant de répondre. Le calcul du plafond, tête par tête : la page sur la suppression du questionnaire.

Hors de ces conditions, l'assureur peut vous interroger, et l'article L. 113-2 du code des assurances vous oblige à « répondre exactement aux questions posées ». Les effets d'une réponse inexacte, même sans intention, sont dans la page sur les suites d'une fausse déclaration. Face à une grossesse ou à un arrêt en cours, l'assureur peut répondre par une acceptation aux conditions ordinaires, une exclusion, une surprime, un ajournement à une date ou un refus. La délégation d'assurance permet d'interroger d'autres contrats ; ce que vaut chacune de ces réponses est traité dans la page sur la convention AERAS.

Bénéfice de la convention AERAS pour une personne présentant un risque aggravé
oui

De plein droit, selon le code de la santé publique : aucune adhésion à demander, aucun formulaire à réclamer.

En vigueur depuis le
Source
Article L. 1141-2 du code de la santé publique — Légifrance

Grossesse, état de santé : ce que le code pénal interdit

L'article 225-1 du code pénal définit comme discrimination « toute distinction opérée entre les personnes physiques » sur le fondement, notamment, « de leur grossesse » et « de leur état de santé ». L'article 225-2 la punit lorsqu'elle consiste « à refuser la fourniture d'un bien ou d'un service » ou « à subordonner la fourniture d'un bien ou d'un service à une condition fondée sur l'un des éléments visés à l'article 225-1 ».

L'assurance bénéficie d'une exception, et ses mots comptent. L'article 225-3 écarte l'article 225-2 pour les « discriminations fondées sur l'état de santé, lorsqu'elles consistent en des opérations ayant pour objet la prévention et la couverture du risque décès, des risques portant atteinte à l'intégrité physique de la personne ou des risques d'incapacité de travail ou d'invalidité ». C'est elle qui sort du champ de l'article 225-2 les distinctions qu'un assureur opère selon l'état de santé. Deux constats se lisent dans le texte même : l'exception nomme l'état de santé, pas la grossesse, que l'article 225-1 énumère comme un motif distinct ; et elle vise des opérations de couverture de risques, pas l'octroi d'un crédit.

Ce que cette page ne tranche pas : l'application de ces textes à un ajournement ou à une exclusion liés à une grossesse en cours, en assurance emprunteur. Aucune pièce lue ici ne le décide, et une réponse de principe serait une promesse. Côté banque, lire des revenus diminués pendant un arrêt relève de l'évaluation de solvabilité ; refuser un crédit au seul motif d'une grossesse entre dans les cas que vise l'article 225-2. Quand un refus découle de l'assurance exigée, l'exception de l'article 225-3 entre en jeu, et l'articulation des deux textes n'est pas tranchée ici.

Un refus vous paraît fondé sur l'un de ces motifs ? Deux gestes : demander le motif par écrit, à la banque ou à l'assureur, et saisir le Défenseur des droits, chargé de la lutte contre les discriminations.

Quatre gestes pour un dossier prêt à déposer

Accorder le prêt, fixer son taux, accepter le risque d'assurance : ces décisions appartiennent au prêteur et à l'assureur. Sandy Mascart, mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement, n'en prend aucune, et rien ici ne vaut promesse d'accord. Tout commence par les dates et les justificatifs.

  1. Faire deux budgets : l'un avec les sommes perçues pendant le congé ou l'arrêt, l'autre avec le salaire retrouvé. Leur écart dit s'il vaut mieux déposer tout de suite, attendre le retour ou réduire le projet.
  2. Obtenir l'écrit de l'employeur : nature du contrat, ancienneté, dates du congé ou de l'arrêt, date de reprise prévue.
  3. Réunir les décomptes d'indemnités journalières et, s'il existe, le justificatif du maintien de salaire ou du complément de prévoyance. Les autres documents : la liste des justificatifs.
  4. Relire la notice à la rubrique de l'incapacité de travail, surtout si l'un des deux emprunteurs porte seul le revenu pendant plusieurs mois.

La rémunération de l'intermédiaire est détaillée sur la page qui lui est consacrée. Le bon moment se situe avant la signature du compromis : mettre vos dates à plat par téléphone, bulletins récents à portée de main.

Sources

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