Assurance emprunteur · Question précise
Questionnaire de santé : quand il disparaît vraiment, et quand il revient
La suppression se calcule par assuré, sur la part assurée de l'encours cumulé : le tableau qui dit, tête par tête, si vous en êtes dispensé.
Le questionnaire de santé disparaît quand deux conditions sont réunies : une part assurée, additionnée sur l'ensemble des crédits de l'assuré, sous le plafond fixé par la loi, et une dernière échéance avant l'âge fixé par le même texte. Le calcul se fait par assuré, jamais par ménage. Le questionnaire revient avec un nouveau crédit, une durée allongée, une quotité relevée ou un crédit hors du champ du texte.
Par Sandy MASCART, mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement ORIAS 26000541
L'essentiel à retenir
- La suppression du questionnaire de santé suppose deux conditions cumulées : un plafond de part assurée et un âge limite de dernière échéance.
- Le calcul se fait par assuré, sur la part assurée, additionnée sur l'ensemble des crédits de la personne, jamais par ménage.
- La dispense n'est jamais acquise pour toujours : un nouveau crédit, une durée allongée ou une quotité relevée peuvent la faire disparaître.
- L'absence de questionnaire de santé ne garantit aucune baisse de prix : elle mutualise le risque, elle ne le tarife pas individu par individu.
- Un contrat sans questionnaire de santé conserve un formulaire d'adhésion et reste soumis aux mêmes exclusions qu'un contrat classique.
Le questionnaire de santé disparaît quand deux conditions sont réunies en même temps — et le calcul se fait par assuré, sur la part que chacun couvre, sur l'ensemble de ses crédits. Bien posé, ce calcul peut dispenser un couple sur un capital supérieur au plafond ; mal posé, il fait croire à une dispense qui n'existe pas. Le dossier assurance emprunteur couvre le sujet entier ; cette page répond à une seule question : êtes-vous dispensé, et jusqu'à quand ?
Le questionnaire de santé est-il vraiment supprimé ?
Oui, pour les emprunteurs qui remplissent deux conditions cumulatives : la part assurée sur l'encours cumulé de leurs contrats de crédit reste sous un plafond fixé par la loi, et l'échéance de remboursement du crédit intervient avant un âge fixé par le même texte. Les deux réunies, aucune information sur l'état de santé ni aucun examen médical ne peut être demandé. Une seule manque, et la dispense ne joue pas. Les deux seuils sont affichés plus bas, avec leur date d'effet, dans l'encadré consacré à l'article L. 113-2-1.
Le fondement est l'article L. 113-2-1 du code des assurances, issu de la loi du 28 février 2022 et entré en vigueur le 1er juin 2022. Le mot qui commande tout, dans ce texte, est « l'ensemble » : il lie les deux conditions. Remplir l'une ne dispense de rien.
Sur quoi le plafond se calcule-t-il, exactement ?
Sur la part assurée — le capital multiplié par la quotité que vous couvrez —, additionnée sur l'encours cumulé de tous vos contrats de crédit, pas sur le seul prêt en cours de souscription. Et l'addition se fait par assuré, jamais par ménage. C'est la triple erreur de calcul la plus répandue du sujet, et elle joue dans les deux sens.
La quotité, tête par tête : ce qui fait basculer un couple
Presque aucune page ne l'énonce, et c'est pourtant ce qui décide de l'éligibilité d'un couple : la part assurée de chacun est le capital multiplié par sa quotité. Deux personnes qui se répartissent la couverture ne portent donc pas la même part que si chacune couvre la totalité.
| La situation du couple | Ce que chacun porte | Conséquence |
|---|---|---|
| Répartition à parts égales, sans autre crédit | La moitié du capital chacun | Chacun s'apprécie sur sa moitié : le couple peut être dispensé sur un capital très supérieur au plafond |
| Couverture totale sur chaque tête | Le capital entier, deux fois | Chacun s'apprécie sur le capital entier : le plafond est franchi bien plus tôt |
| Répartition déséquilibrée | Une part forte, une part faible | L'un peut être dispensé et l'autre non, sur le même prêt |
| Un investissement locatif déjà financé | La part assurée de l'ancien prêt s'ajoute | L'encours cumulé peut franchir le plafond sans que le nouveau prêt y suffise |
Deux conséquences, de sens opposé. D'abord, le choix de quotité a un effet secondaire sur l'éligibilité au questionnaire, presque jamais signalé. Ensuite, ce n'est pas une raison de choisir sa quotité pour échapper au questionnaire : elle décide de ce qui reste dû au survivant, et cet arbitrage prime. Il est traité dans la quotité en couple.
Quand le questionnaire revient-il ?
La dispense n'est pas acquise une fois pour toutes : le calcul se refait à chaque nouvelle demande d'assurance de prêt, et le résultat peut changer. Un nouveau crédit qui fait franchir le plafond à l'encours cumulé, une durée plus longue qui repousse la dernière échéance au-delà de l'âge, une quotité relevée, ou un crédit hors du champ du texte : dans ces quatre cas, attendez-vous à retrouver un questionnaire, et demandez à l'assureur sur quel calcul il s'appuie.
Les quatre retours, dans l'ordre où on les rencontre :
- L'encours cumulé franchit le plafond. Cas typique de l'investisseur qui enchaîne les acquisitions : chaque part assurée s'ajoute aux précédentes, et le prêt qui fait basculer n'est pas forcément le plus gros.
- La dernière échéance passe l'âge. Un allongement de durée, un rachat de prêt qui repart pour une nouvelle maturité, un différé d'amortissement : chacun repousse l'échéance finale. À l'inverse, raccourcir une durée peut faire entrer un dossier dans le champ de l'exemption.
- La quotité augmente. Passer d'une couverture partielle à une couverture totale augmente la part assurée sans changer le capital.
- Le crédit n'est pas du bon type. Le texte vise les crédits d'acquisition ou de construction d'un logement. Un prêt travaux hypothécaire, un prêt professionnel ou un crédit à la consommation n'y entrent pas — même souscrit le même jour, pour la même opération.
Un point que cette page ne tranche pas : le sort d'un contrat déjà signé sans questionnaire quand votre situation change ensuite. Le texte parle de ce que l'assureur peut solliciter, pas de la suite ; si la question se pose pour vous, posez-la par écrit à votre assureur, contrat en main.
Le formulaire d'adhésion : les questions qui restent, et comment y répondre
Le texte écarte deux choses, et il les nomme : « aucune information relative à l'état de santé ni aucun examen médical de l'assuré ». Le formulaire d'adhésion, lui, demeure : attendez-vous à y trouver des questions d'un autre ordre — profession, pratique sportive, déplacements à l'étranger. Où passe la frontière pour les questions intermédiaires, le tabac par exemple, le texte ne le dit pas, et cette page ne le tranche pas à sa place.
C'est le malentendu le plus coûteux, parce qu'il se paie au sinistre : « sans questionnaire de santé » ne veut pas dire « sans formulaire ». Répondez aux questions restantes avec le même soin que si elles étaient médicales, gardez une copie de ce que vous signez, et lisez la notice : les sept exclusions à chercher valent pour un contrat sans questionnaire de santé comme pour un autre.
Une question paraît médicale sans en avoir l'air, ou un formulaire pose des questions médicales alors que vous remplissez les deux conditions ? Ne devinez pas, ne répondez pas approximativement, ne laissez pas vide : demandez par écrit à l'assureur à quoi sert la question et sur quel fondement elle est posée. Sa réponse reste au dossier, et elle dira si l'établissement a mal apprécié votre situation ou si vous l'aviez mal appréciée vous-même.
L'absence de questionnaire fait-elle baisser le prix ?
Pas nécessairement, et cette page ne publie aucun écart chiffré. Un contrat qui n'interroge pas l'état de santé ne peut pas tarifer le risque individu par individu : il le mutualise. L'effet n'est donc pas le même pour tous — un profil que le questionnaire aurait classé favorablement perd ce classement, un profil qu'il aurait pénalisé y échappe. La dispense est une règle d'accès, pas une promesse de tarif.
Aucune moyenne d'écart n'est publiée ici : un tel chiffre n'aurait de sens qu'avec sa méthode, sa période et son échantillon, et aucun relevé daté n'est disponible à la rédaction de cette page.
Ce qui se mesure, en revanche, ne demande aucune donnée de marché : faites chiffrer plusieurs contrats, sur le même périmètre de garanties et la même quotité. La dispense ne vous attache à aucun assureur, et seul un devis montre comment une maison tarifie un contrat sans formalité médicale. La comparaison se fait avec le taux annuel effectif de l'assurance, le seul chiffre à mettre en face d'un autre.
Pas dispensé ? Deux protections jouent quand même
Deux règles restent alors en votre faveur, et elles s'appliquent d'elles-mêmes, sans démarche de votre part.
Le délai court à compter de la fin du protocole thérapeutique. C'est un plafond : la grille de référence de la convention AERAS fixe, pathologie par pathologie, des délais qui peuvent être plus courts.
- En vigueur depuis le
- Source
- Article L. 1141-5 du code de la santé publique — Légifrance
La seconde est la convention AERAS, dont le bénéfice est acquis de plein droit à toute personne présentant un risque aggravé de santé. Le parcours complet est traité dans refus, surprime et convention AERAS.
Et rien n'oblige à garder l'assurance signée avec le prêt : si le questionnaire a produit une surprime ou une exclusion, la substitution reste ouverte à tout moment, avec la procédure de la loi Lemoine.
Un nouveau prêt en préparation, ou un doute sur l'encours à retenir ? Le calcul se fait tête par tête, crédits en main, et aucun simulateur de ce site ne le fait à votre place : faites le compte de vos encours de crédit au téléphone.
Cet article a une portée d'information. L'activité d'intermédiation en assurance est exercée à titre accessoire de l'activité d'intermédiation en opérations de banque : il ne constitue ni une offre d'assurance, ni un conseil personnalisé sur un contrat déterminé.
Sources
Préparer ma demande Appeler le 06 37 98 81 25
À lire ensuite
- Quotité d'assurance emprunteur : 100/100 ou 50/50, comment choisir à deux Ce qui reste dû au survivant selon la répartition choisie, l'effet oublié sur l'arrêt de travail, et une grille de décision selon l'écart de revenus.
- Assurance emprunteur refusée ou surprimée : la convention AERAS, les recours et les solutions Refus, exclusion ou surprime : les trois niveaux d'examen AERAS, l'écrêtement, les recours, et les alternatives réelles quand rien n'aboutit.
- Dos, psy, sports, métiers : les exclusions qui vident une garantie sans le dire Exclusions générales, particulières, rachetables : ce qui n'est jamais couvert, ce qui se rachète contre surprime, et le cumul que la loi interdit.
- Emprunter enceinte ou en arrêt maladie : vos droits face à la banque et à l'assureur Prêt immobilier enceinte, en congé de maternité ou en arrêt maladie : ce que la banque lit, ce que l'assureur peut demander, ce que la loi interdit.
Tous les articles du sujet : Assurance emprunteur