Aller au contenu
Sandy MASCART Conseil et négociation de prêt immobilier · Lyon

Assurance emprunteur

Assurance emprunteur refusée ou surprimée : la convention AERAS, les recours et les solutions

Refus, exclusion ou surprime : les trois niveaux d'examen AERAS, l'écrêtement, les recours, et les alternatives réelles quand rien n'aboutit.

Un refus d'assurance emprunteur n'est pas une fin de parcours. La convention AERAS organise un examen en trois niveaux, déclenché automatiquement quand l'examen standard n'aboutit pas, plafonne la surprime sous conditions de revenus et prévoit une médiation gratuite. Si l'assurance n'aboutit toujours pas, la banque peut accepter une épargne nantie, la caution d'un tiers, une quotité ajustée ou une durée réduite.

Par , mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement ORIAS 26000541

Lanterne ancienne suspendue devant un claustra de béton percé de dizaines d'ouvertures rondes, cadrée entre deux bandes sombres, dont une tôle striée au premier plan.
Photo maverickvero · WordPress Photo Directory · CC0-1.0 · recadrée et retraitée

L'essentiel à retenir

  • Un refus, une exclusion et une surprime produisent des conséquences différentes : seule l'exclusion ou la surprime laisse la garantie ouverte.
  • La convention AERAS organise un examen renforcé en plusieurs niveaux, déclenché automatiquement quand l'examen standard n'aboutit pas.
  • Le droit à l'oubli interdit à l'assureur de recueillir certaines données médicales passé un délai fixé par la loi, décompté depuis la fin du traitement.
  • La grille de référence de la convention est révisée régulièrement : une demande refusée par le passé peut aboutir aujourd'hui sans rien changer à la situation.
  • Quand l'assurance n'aboutit pas, le nantissement d'une épargne, la caution d'un tiers, la quotité ajustée ou une durée réduite restent des alternatives.

Un refus d'assurance ne fait pas tomber une garantie : il fait tomber le prêt entier, et souvent à quelques jours d'une échéance de condition suspensive. Ce n'est pas pour autant une fin de parcours : la convention AERAS impose plusieurs examens, des recours existent, et d'autres garanties peuvent remplacer l'assurance. Voici le mécanisme, les recours et les issues ; le dossier assurance emprunteur réunit les autres volets du sujet.

Une précision ferme : aucune donnée de santé n'est collectée sur ce site. Aucun formulaire ne comporte de champ médical, de questionnaire de santé ni de dépôt de pièce médicale, et cet article ne cite ni pathologie, ni cas client, ni exemple médical : il décrit une procédure.

Cet article traite de l'accès à l'assurance quand la santé bloque. Le changement d'assurance est dans la loi Lemoine, la répartition entre deux assurés dans la quotité en couple. Première chose à vérifier avant toute procédure : les cas où aucune question de santé n'est posée, réunis dans quand le questionnaire de santé disparaît.

Refus, exclusion ou surprime : quelle différence ?

Un assureur peut répondre de trois façons, et elles n'ont pas les mêmes conséquences. Le refus ferme la garantie. L'exclusion l'accorde en retirant un motif de sinistre du champ couvert. La surprime l'accorde intégralement contre une cotisation majorée. Une même situation reçoit rarement la même réponse de deux assureurs.

La réponse reçue Ce qui est couvert Ce que la banque en fait
Refus Rien pour la garantie concernée Bloque le prêt si la garantie est exigée
Ajournement Décision reportée à une date ultérieure Bloque le calendrier, pas le principe
Exclusion Tout, sauf les sinistres liés au motif exclu Souvent accepté si l'exclusion ne porte pas sur le socle exigé
Surprime Tout, contre une cotisation majorée Accepté, mais la majoration pèse sur le taux d'endettement

Deux conséquences qu'on découvre trop tard. Une surprime n'est pas neutre pour le crédit : la cotisation entre dans le calcul du taux d'endettement, et une majoration importante peut faire basculer un dossier qui passait. Un ajournement, lui, n'est pas un refus : il n'ouvre pas les mêmes recours, et se traite comme un problème de calendrier, pas comme une fin de non-recevoir.

Une exclusion se lit dans le contrat, pas seulement dans la lettre de l'assureur : exclusions générales, propres au contrat ou rachetables, tout est dans les exclusions d'une assurance emprunteur.

Qu'est-ce que la convention AERAS et à qui s'adresse-t-elle ?

AERAS signifie « s'assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé ». C'est une convention signée entre l'État, les fédérations professionnelles de la banque et de l'assurance et des associations de malades et de consommateurs. Elle organise un examen renforcé des demandes qui ne passent pas l'examen standard, dans des limites d'encours et d'âge.

Elle ne crée pas un droit à être assuré, mais un droit à être examiné plusieurs fois, par des instances différentes, avant qu'un refus ne devienne définitif. C'est considérable, et mal connu.

Les conditions d'accès

Deux seuils conditionnent l'accès : un plafond d'encours cumulé de crédit et un âge maximal en fin de prêt. Ils figurent dans le texte de la convention en vigueur, et c'est cette version datée qui s'applique à votre dossier.

Le plafond porte sur l'encours cumulé, tous crédits confondus, pas sur le seul prêt en cours de montage : un emprunteur déjà engagé ailleurs peut sortir du dispositif sans l'avoir anticipé. Et l'âge s'apprécie en fin de prêt : raccourcir la durée peut, à lui seul, faire entrer un dossier dans le champ de la convention.

Tant que ces deux seuils ne sont pas affichés ci-dessus, ils se lisent sur le site officiel de la convention, aeras-infos.fr : je préfère vous y renvoyer plutôt que d'écrire de mémoire deux chiffres dont dépend votre éligibilité.

Les trois niveaux d'examen

Le mécanisme est une cascade, et c'est le point le plus mal expliqué.

  1. Le premier niveau est l'examen standard, celui de tout emprunteur. S'il aboutit à une acceptation aux conditions normales du contrat, la demande s'arrête là.
  2. Le deuxième niveau se déclenche automatiquement quand le premier n'aboutit pas à une acceptation standard. Un service médical spécialisé réexamine le dossier avec des grilles plus fines, et peut proposer une acceptation avec surprime ou avec exclusion.
  3. Le troisième niveau intervient quand le deuxième n'aboutit pas : le dossier est présenté à un pool de réassureurs, qui statue en dernier ressort.

À retenir : l'escalade est automatique, vous n'avez rien à demander. Mais elle prend du temps. Le vrai risque est donc calendaire, pas juridique : c'est la date de votre condition suspensive d'obtention de prêt qui vous met en danger, pas la convention. Faire allonger cette date au compromis coûte une phrase ; trois semaines avant l'échéance, beaucoup plus.

Ruelle étroite entre deux murs, avec un escalier de pierre qui monte vers le fond et une lanterne fixée en applique sur la façade.
Photo Philippe Alès · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · recadrée et retraitée, diffusée sous la même licence

Le droit à l'oubli : ce que vous n'avez plus à déclarer

Au-delà d'un délai fixé par la loi, décompté à compter de la fin du protocole thérapeutique, aucune information médicale relative aux pathologies visées par le texte ne peut être recueillie par un organisme assureur. Ce qui n'est plus déclarable ne peut plus fonder ni refus, ni exclusion, ni surprime.

Le code de la santé publique fixe un délai plafond, que la grille de référence de la convention peut raccourcir, pathologie par pathologie : le délai de votre dossier se lit dans la grille en vigueur.

Trois précisions, sans aucun détail médical. Le délai part de la fin du protocole thérapeutique, pas du diagnostic ni de la dernière consultation de suivi : la date du document remis par l'équipe soignante fait foi. Le droit à l'oubli est un droit de ne pas déclarer : la question ne doit pas non plus être posée. Enfin, il joue en plus de la grille de référence de la convention, pas à sa place : les deux dispositifs se cumulent.

Le corollaire : quand une question est régulièrement posée, y répondre de travers n'est pas une astuce, c'est un risque contractuel dont la sanction se découvre au sinistre. Il est décrit dans fausse déclaration de santé.

Cette page ne dresse volontairement pas la liste des situations couvertes : le périmètre, fixé par le code de la santé publique et par la convention, évolue, et une liste recopiée ici serait périmée sans prévenir. Il se consulte à la source, sur aeras-infos.fr.

Grille de référence AERAS : un ancien refus peut aboutir aujourd'hui

La grille de référence AERAS liste des situations pour lesquelles l'assurance doit être accordée sans surprime ni exclusion, ou avec une majoration plafonnée, sous conditions de délai. Elle est révisée régulièrement : une demande refusée il y a plusieurs années peut aboutir aujourd'hui sans que rien n'ait changé dans votre situation.

C'est l'information la plus utile de cet article, et la moins diffusée : la grille bouge. Un refus n'est pas un statut permanent, c'est la photographie d'un référentiel à une date. Avant de renoncer à un projet sur la foi d'une réponse ancienne, refaites la demande sur le référentiel en vigueur, consultable sur le site officiel de la convention.

Rabot de menuisier en bois sur un fond clair, entouré des copeaux enroulés qu'il vient d'enlever, dont l'un reste pris dans la lumière du fer.
Photo CEphoto, Uwe Aranas · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0 · recadrée et retraitée, diffusée sous la même licence

Qu'est-ce que l'écrêtement de la surprime ?

Lorsque l'emprunteur remplit des conditions de revenus et que la part de son budget consacrée au remboursement reste sous un seuil défini par la convention, la surprime d'assurance est plafonnée et la fraction qui dépasse est prise en charge par un mécanisme de mutualisation. L'emprunteur n'a pas à la demander expressément.

La condition de revenus et le taux d'effort maximal qui ouvrent droit à l'écrêtement sont fixés par la convention et révisés avec elle : ils se lisent dans le texte en vigueur, sur son site officiel.

Deux réflexes. Vérifiez que la proposition d'assurance mentionne l'écrêtement quand vous en remplissez les conditions : son absence n'est pas toujours le signe qu'il n'a pas été appliqué, mais la question se pose par écrit. Et si votre taux d'effort dépasse légèrement le seuil, une modification du plan de financement — durée, apport, montant emprunté — peut vous y ramener : un arbitrage à faire avant la proposition d'assurance, pas après.

Que faire concrètement après un refus ?

Trois gestes, dans cet ordre : demander la motivation du refus, qui est transmise à un médecin que vous désignez ; vérifier que les trois niveaux d'examen ont bien été épuisés ; saisir la commission de médiation de la convention si la procédure n'a pas été respectée. Chacun a un délai propre.

Un préalable souvent sauté : relire la notice du contrat refusé ou proposé. Elle porte les définitions, les exclusions et les délais opposables, et c'est sur elle que la discussion se mène. Pour la lire sans y passer la soirée : lire une notice d'assurance emprunteur.

Obtenir la motivation, et comprendre à qui elle est adressée

La motivation d'un refus repose sur des éléments médicaux : elle n'est pas adressée telle quelle à l'emprunteur, mais au médecin que celui-ci désigne. C'est une protection, pas un obstacle. Désignez ce médecin dès la demande, sans attendre le refus : vous gagnez plusieurs jours.

Vérifiez ensuite, par écrit, à quel niveau d'examen le dossier a été arrêté. Un refus prononcé au premier niveau alors que les conditions d'accès à la convention étaient réunies est un défaut de procédure : c'est exactement ce que la médiation corrige.

La commission de médiation

La convention prévoit une instance de médiation, saisissable gratuitement, qui vérifie que le dispositif a été correctement appliqué. Elle ne juge pas le risque médical : elle contrôle la procédure. Sa saisine n'interrompt pas le calendrier de votre achat — d'où, toujours, la même priorité : sécuriser la date de la condition suspensive.

Si le prêt est finalement refusé par la banque, les suites — restitution du dépôt de garantie, sortie du compromis — sont décrites dans prêt immobilier refusé, que faire.

Quatre alternatives quand l'assurance n'aboutit pas

Aucune loi n'oblige à assurer un prêt immobilier : c'est la banque qui l'exige contractuellement. Elle peut donc accepter une autre sûreté à la place, ou accepter une couverture partielle. Quatre montages existent réellement, avec chacun un coût et une limite qu'il faut connaître avant de les proposer.

  • Le nantissement d'un contrat d'épargne. Un contrat d'assurance-vie ou un plan d'épargne est affecté en garantie au profit de la banque. L'épargne reste la vôtre mais devient indisponible. La limite : il faut disposer du capital, immobilisé pour toute la durée retenue.
  • La caution d'un tiers. Une personne solvable s'engage à payer en cas de défaillance. Solide pour la banque, lourd pour la personne qui s'engage : un engagement personnel sur toute la durée du prêt, à ne jamais faire signer sans une explication complète.
  • La quotité ajustée. Sur un prêt à deux, la couverture peut être concentrée sur la tête assurable, l'autre restant partiellement ou totalement non couverte. Un arbitrage lourd de conséquences, expliqué dans la quotité en couple.
  • La réduction de la durée du prêt. Elle diminue le capital assuré dans le temps, ramène l'échéance de remboursement sous la condition d'âge de la convention, et fait souvent baisser la surprime. Elle augmente en revanche la mensualité, donc le taux d'endettement.

Un cinquième levier se joue en amont : la banque ne peut opposer que les critères d'équivalence qu'elle a elle-même retenus et publiés. Un refus motivé par un critère absent de sa liste se conteste, selon la méthode décrite dans l'équivalence de garanties, et comment on l'oppose.

Une confusion fréquente à écarter : l'hypothèque ne remplace pas l'assurance. Elle garantit le remboursement sur la valeur du bien, pas la capacité de l'emprunteur à payer. Une banque peut demander les deux ; elle accepte rarement l'une à la place de l'autre.

Ce que je fais différemment sur un dossier où l'assurance bloque

Trois choses, et l'ordre compte plus que le contenu.

Je fais lancer l'étude d'assurance avant la signature du compromis, pas après. C'est le seul moment où l'on peut encore négocier la durée de la condition suspensive sans passer pour celui qui a un problème. Une fois le compromis signé, on court après un calendrier.

Je fais allonger le délai de la condition suspensive, systématiquement, quand un examen renforcé est probable. Quelques semaines de plus au compromis ne coûtent rien et sauvent bien des dossiers.

Je ne multiplie pas les demandes en parallèle sans méthode. Instruire trois dossiers en même temps chez trois assureurs ne va pas trois fois plus vite : cela disperse les pièces et retarde tout le monde. Mieux vaut une demande complète, correctement montée, puis une deuxième si la première n'aboutit pas.

L'erreur classique, enfin : renoncer au projet sur la foi d'un refus reçu d'un seul assureur, souvent au premier niveau d'examen. Deux assureurs ne répondent pas la même chose au même dossier, et le référentiel change avec le temps. Un refus est un point de départ de procédure, pas une conclusion.

Cette règle compte ici plus qu'ailleurs : un emprunteur en difficulté d'assurance est une cible facile pour qui propose de « débloquer le dossier » contre une avance. Aucun intermédiaire en opérations de banque ne peut percevoir la moindre somme avant le versement effectif des fonds prêtés, quel que soit l'engagement commercial.

Elle s'impose aux intermédiaires immatriculés. Celui qui réclame une avance sans l'être n'est pas couvert par ce texte : il est en infraction sur d'autres fondements, et vous n'aurez pas d'interlocuteur en face. Avant tout versement, vérifiez l'immatriculation sur le registre unique des intermédiaires : une demande d'avance venant de quelqu'un qui n'y figure pas n'appelle pas une négociation, elle appelle un signalement.

Compromis en vue et étude d'assurance à lancer : faites dimensionner par téléphone la condition suspensive à négocier, sans aucune pièce médicale.

Cet article a une portée d'information. L'activité d'intermédiation en assurance est exercée à titre accessoire de l'activité d'intermédiation en opérations de banque : il ne constitue ni une offre d'assurance, ni un conseil médical, ni un conseil personnalisé sur un contrat déterminé.

Sources

Préparer ma demande Appeler le 06 37 98 81 25

À lire ensuite

Tous les articles du sujet : Assurance emprunteur

Prendre contact

Faisons le point sur votre projet

Vos revenus, vos crédits en cours, le prix du bien : en un appel, je vous dis ce qui se finance et ce qui bloque. Ligne directe : si je ne décroche pas, laissez votre prénom et un créneau, je vous rappelle.