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Sandy MASCART Conseil et négociation de prêt immobilier · Lyon

Assurance emprunteur

Assurance emprunteur d'un investissement locatif : les garanties à alléger, celles à garder

En locatif, les garanties que la banque exige vraiment, celles qu'on peut alléger, le piège du plafond cumulé et le cas de la SCI.

Sur un investissement locatif, le socle décès et perte totale et irréversible d'autonomie se garde tel quel : il protège le remboursement du capital. La marge porte sur l'invalidité et l'incapacité de travail, où la franchise, le mode d'indemnisation et les exclusions se discutent parce que le loyer couvre une partie de l'échéance. Le niveau exigé par le prêteur se demande par écrit, avant de construire le contrat.

Par , mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement ORIAS 26000541

Façade de brique peinte d'une maison ancienne dont les ancres de fer dessinent la date « 1729 », sous trois lucarnes d'ardoise, avec des fenêtres fleuries et une lanterne.
Photo EmDee · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0 · recadrée et retraitée, diffusée sous la même licence

L'essentiel à retenir

  • Le socle décès et perte totale d'autonomie ne se négocie pas : sans lui, un bien loué financé à crédit transmet une dette plutôt qu'un patrimoine.
  • Sur l'incapacité de travail, la franchise, le mode d'indemnisation et les exclusions se discutent, parce que le loyer couvre une partie de l'échéance.
  • Le loyer n'est pas garanti par l'assurance emprunteur, et il reste imposable pendant un arrêt de travail : le trou de trésorerie dépasse la seule échéance.
  • Le seuil qui dispense de questionnaire de santé s'apprécie sur l'encours cumulé de tous les prêts d'un même assuré, et un investisseur le franchit vite.
  • En société civile, ce sont les associés qui sont assurés, généralement à hauteur de leur engagement de caution, et non la société elle-même.

Sur un investissement locatif, l'assurance emprunteur est le poste où l'on paie le plus souvent pour une protection dont on n'a pas besoin. Le contrat est recopié de celui de la résidence principale, alors que le bien produit un loyer qui couvre une partie de l'échéance : certaines garanties se discutent, d'autres jamais. Le dossier assurance emprunteur réunit les autres volets du sujet.

Cet article traite du niveau de garanties selon l'usage du bien. La procédure pour changer de contrat est dans la loi Lemoine, la répartition entre deux assurés dans la quotité en couple, et le contenu de chaque garantie dans décès, PTIA, ITT, IPT et IPP.

L'assurance emprunteur est-elle obligatoire sur un investissement locatif ?

Aucun texte n'impose d'assurer un prêt immobilier, quel que soit l'usage du bien. C'est le prêteur qui l'exige contractuellement, et il fixe lui-même le niveau de garanties auquel il conditionne son accord. Ce que je constate en montage de dossier, c'est que ce niveau est plus souvent allégé sur un financement locatif : la marge est là.

Conséquence directe, et rarement exploitée : l'exigence se négocie dans son contenu, pas seulement dans son prix. Discuter le tarif d'un contrat chargé de garanties inutiles, c'est optimiser la mauvaise variable.

Quelles garanties la banque exige-t-elle réellement en locatif ?

Le socle décès et perte totale et irréversible d'autonomie est demandé systématiquement : il protège le remboursement du capital, ce que ni le loyer ni la vente ne garantissent. Les garanties d'invalidité et d'incapacité de travail sont exigées de façon variable, selon l'établissement et selon la part que le projet représente dans votre endettement.

Définitions des garanties décès, perte totale et irréversible d'autonomie, invalidité et incapacité de travail
  • décès
  • perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA)
  • incapacité temporaire totale (ITT)
  • invalidité permanente totale (IPT)
  • invalidité permanente partielle (IPP)
  • perte d’emploi

Les définitions varient d'un contrat à l'autre : c'est la définition retenue, et non l'intitulé de la garantie, qui détermine ce qui est couvert.

En vigueur depuis le
Source
Légifrance

Décès et perte totale et irréversible d'autonomie : le socle à garder

Ces deux garanties ne se négocient pas, et il ne faut pas chercher à les alléger. À votre disparition, le loyer continue peut-être, mais vos héritiers héritent d'une dette : un bien loué financé sans couverture décès transmet un passif, pas un patrimoine. Qui est remboursé, et ce qui revient malgré tout à la succession : décès de l'emprunteur, assurance et succession.

Invalidité et incapacité de travail : là où la marge existe

C'est là que se joue l'essentiel du surcoût. Trois paramètres se discutent, et aucun n'est un prix :

  • la franchise, c'est-à-dire la durée d'arrêt qui précède l'indemnisation. L'allonger fait baisser la cotisation, et c'est d'autant plus acceptable que le loyer amortit une partie de l'échéance pendant cette période ;
  • le mode d'indemnisation, forfaitaire ou indemnitaire. Un contrat forfaitaire verse la part d'échéance correspondant à la quotité, quel que soit votre manque à gagner. Un contrat indemnitaire ne verse qu'à hauteur de la perte réellement subie, telle que le contrat la définit — et c'est cette définition qu'il faut lire. Attention à un raccourci répandu : la perte s'apprécie sur les revenus d'activité, pas sur l'ensemble de vos revenus. Vérifiez la clause exacte, contrat en main, avant de conclure pour votre cas ;
  • les exclusions, en particulier celles qui portent sur les affections les plus courantes, rachetables dans certains contrats et pas dans d'autres.

Chacun a son article : franchise, carence et délai d'attente, forfaitaire ou indemnitaire, et les exclusions d'une assurance emprunteur. Les lire avant de discuter un tarif évite de comparer deux contrats qui ne couvrent pas la même chose.

Le bon ordre : obtenir d'abord de la banque l'écrit de ce qu'elle exige pour ce prêt, puis construire un contrat qui couvre exactement cela. L'inverse — souscrire large puis renégocier — coûte du temps et ne fait presque jamais baisser l'exigence.

Puits à balancier dans un village : une longue perche de bois pivote au sommet d'un poteau, son gros bout faisant contrepoids, l'autre retenant la tige du seau.
Photo Thomas Bresson · Wikimedia Commons · CC BY 3.0 · recadrée et retraitée

Locatif ou résidence principale : pourquoi le besoin de couverture change

Sur une résidence principale, un arrêt de travail long crée un trou égal à l'échéance entière. Sur un locatif, le loyer en couvre une partie : le besoin de couverture porte sur le différentiel, pas sur la totalité. C'est ce raisonnement qui justifie d'alléger l'incapacité de travail, et lui seul.

Deux contreparties, cependant, qu'on oublie presque toujours.

Le loyer n'est pas garanti par l'assurance emprunteur. Vacance et impayé relèvent d'un autre produit, la garantie des loyers impayés. Alléger l'incapacité en comptant sur le loyer suppose que ce loyer tombe : c'est une hypothèse, pas une sécurité. Le raisonnement tient sur un bien loué et bien situé ; beaucoup moins sur un bien vacant ou en travaux.

Les loyers restent imposables pendant l'arrêt. Votre activité s'interrompt, pas votre bien : les loyers encaissés restent imposés, et les prélèvements sociaux qui les frappent ne dépendent pas de vos autres revenus. Le vrai trou de trésorerie, c'est la part d'échéance non couverte par le loyer, plus la charge fiscale qui continue de courir. Son ampleur dépend de votre foyer et de votre régime : faites-la chiffrer, et raisonnez au moins sur cette base, pas sur l'échéance nue.

Plusieurs prêts : par où commencer pour économiser

L'économie d'une substitution d'assurance est récurrente et se répète sur chaque prêt : c'est le poste d'un portefeuille locatif dont le gain se multiplie le plus directement par le nombre de crédits, et le seul qui s'obtienne sans rien renégocier du crédit lui-même. Chaque prêt se substitue indépendamment, sans indemnité de remboursement anticipé ni frais de garantie.

Aucun ordre de grandeur ne peut être donné ici sans vous tromper : le gain dépend de l'âge, du capital restant dû et de la durée résiduelle de chaque ligne. L'ordre de traitement, lui, vaut pour tout le monde :

  1. commencez par le prêt dont le capital restant dû est le plus élevé : la cotisation en dépend directement ;
  2. à capital comparable, traitez d'abord celui dont la durée résiduelle est la plus longue : l'économie se répète plus longtemps ;
  3. gardez pour la fin les prêts proches de leur terme, où le gain restant est souvent marginal.

La procédure, identique pour chaque ligne, est décrite dans la loi Lemoine. Après la première substitution, les suivantes vont bien plus vite : la grille de critères de la banque est connue, le contrat de référence est construit.

Pourquoi le questionnaire de santé réapparaît-il quand on enchaîne les investissements ?

Le seuil qui dispense de tout questionnaire de santé s'apprécie sur l'encours cumulé de vos contrats de crédit, par assuré et sur la part réellement assurée. Un investisseur qui achète un deuxième ou un troisième bien franchit ce plafond sans y penser, et le questionnaire réapparaît sur l'opération suivante.

Plafond d'encours assuré, par assuré, en dessous duquel aucune question de santé n'est posée
200 000 €

Le plafond s'apprécie sur l'encours cumulé de tous les contrats de crédit, et sur la part assurée — donc en tenant compte de la quotité retenue.

En vigueur depuis le
Source
Article L. 113-2-1 du code des assurances — Légifrance

C'est l'effet de seuil le plus mal anticipé d'un parcours d'investisseur, avec deux conséquences concrètes.

Le calendrier. L'opération qui franchit le plafond demande une instruction plus longue, un examen médical pouvant redevenir nécessaire. Cela se prépare au compromis, en négociant la durée de la condition suspensive, pas quinze jours avant l'échéance.

La quotité. Le plafond portant sur la part assurée, la répartition retenue sur un prêt à deux déplace la date à laquelle chacun franchit le seuil. Ce n'est pas une raison de choisir une quotité faible — la logique de cette décision est dans la quotité en couple — mais un paramètre à connaître avant d'enchaîner une nouvelle acquisition, comme l'explique aussi financer un quatrième investissement locatif.

Intérieur d'une halle ancienne à Crémieu : une seule charpente de bois portée par deux rangées de poteaux, posés sur des murets de pierre, jusqu'au jour du fond.
Photo Zairon · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · recadrée et retraitée, diffusée sous la même licence

L'achat en SCI : qui est assuré, et pour quelle quotité ?

C'est la société qui emprunte, mais une société ne s'assure pas sur la tête de personne : ce sont les associés, généralement caution solidaire du prêt, qui sont assurés. La banque fixe la répartition à couvrir entre eux, le plus souvent en cohérence avec la détention des parts ou avec les engagements de caution.

Deux vigilances propres au montage sociétaire. L'indemnité va à la banque au titre du prêt de la société : elle éteint la dette sociale et ne revient pas aux héritiers de l'associé décédé, qui héritent des parts. Et un changement d'associé ou de répartition des parts ne met pas le contrat d'assurance à jour tout seul : la mise à jour se demande, sinon la couverture ne correspond plus au montage.

Un troisième point, moins connu et plus lourd : si la société est à l'impôt sur les sociétés, l'extinction de la dette par l'assureur n'est pas un événement fiscalement neutre pour la société. Posez la question à votre expert-comptable avant la souscription, pas au moment du sinistre. Choix du régime et conséquences fiscales : SCI à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés.

Une précision de calendrier, souvent découverte au pire moment : un arrêt de travail se déclare dans les délais du contrat, pas dans ceux de l'assurance maladie, et une déclaration tardive se paie. Le mode d'emploi est dans déclarer un sinistre d'assurance emprunteur.

L'assurance emprunteur est-elle déductible des revenus fonciers ?

Sous un régime réel d'imposition, les charges liées au financement d'un bien loué sont admises en déduction des revenus fonciers selon des règles précises. Sous un régime forfaitaire, un abattement remplace toute déduction : aucune charge réelle n'est déductible, assurance comprise. Le traitement exact dépend de votre régime et se valide avec votre expert-comptable.

Régime de déduction de l'assurance emprunteur des revenus fonciers

Au régime réel, les primes d’assurance figurent parmi les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net foncier (CGI, art. 31, I, 1°, a bis). Le même article range les intérêts des dettes contractées pour l’acquisition du bien parmi ces charges (d).

Règle fiscale affichée avec sa source et sa date d'effet. Elle ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du chiffre.

En vigueur depuis le
Source
Article 31 du code général des impôts — Légifrance

Le sens de la règle, en clair, tant que le détail n'est pas affiché ci-dessus : sous le régime réel, les primes d'assurance souscrites pour garantir un emprunt affecté au bien loué suivent le sort des frais d'emprunt et entrent dans les charges déductibles ; sous le régime forfaitaire, l'abattement tient lieu de toute déduction. Le détail — quelles primes, quelle quote-part, quelle ligne de la déclaration — se vérifie auprès de l'administration fiscale et de votre expert-comptable : il dépend de l'affectation exacte du prêt.

Deux règles de conduite, et je m'y tiens : la fiscalité de votre investissement ne se décide pas chez un intermédiaire en crédit, et un gain fiscal ne justifie jamais de conserver un contrat plus cher que nécessaire. Une charge déductible reste une charge : la faire baisser améliore le rendement avant impôt comme après.

Changer d'assurance sur un prêt locatif en cours

Rien de spécifique au locatif : le droit de résilier à tout moment s'applique, sans frais ni indemnité, et la banque ne peut opposer que ses critères d'équivalence. Seul change le niveau de garanties utile, décrit plus haut. La procédure, les délais et la réponse à un refus sont dans la loi Lemoine.

Ce que je regarde en premier sur un dossier d'investisseur

Trois choses, et aucune n'est le prix.

L'écrit de l'exigence de la banque pour ce prêt précisément. Beaucoup d'investisseurs paient des garanties d'incapacité que leur établissement n'exigeait pas sur un financement locatif, faute de l'avoir demandé.

La cohérence entre les contrats du portefeuille. Des prêts souscrits au fil des années dans des établissements différents portent souvent des assiettes, des quotités et des franchises différentes sur des biens comparables. C'est le désordre le plus rentable à corriger : il se corrige ligne par ligne, sans toucher au crédit.

L'encours assuré cumulé, avant l'opération suivante. C'est lui qui décide si la prochaine acquisition se montera vite ou lentement, et c'est le seul paramètre qu'on puisse anticiper à froid.

L'erreur classique en rendez-vous n'est pas de trop payer : c'est de n'avoir jamais rouvert le sujet depuis le premier achat. Une assurance de prêt se réexamine à chaque nouvelle opération, comme la capacité d'endettement. Avant d'enchaîner, faites examiner par téléphone le montage de votre prochain crédit locatif.

Cet article a une portée d'information. L'activité d'intermédiation en assurance est exercée à titre accessoire de l'activité d'intermédiation en opérations de banque : il ne constitue ni une offre d'assurance, ni un conseil fiscal, ni un conseil personnalisé sur un contrat déterminé.

Sources

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