Capacité d’emprunt, revenus et budget
Combien puis-je emprunter avec 3 000 € par mois ?
À deux ou en achat-revente avec 3 000 € de revenus : ce que la banque calcule vraiment, le seuil du prêt relais, la résidence secondaire et le locatif.
Avec ce revenu, la banque fixe d'abord une mensualité maximale sous le plafond d'endettement, puis la convertit en capital selon la durée et le taux. Le montant dépend ensuite du foyer : à revenu total identique, un ménage à deux revenus et une personne seule n'obtiennent pas la même somme, car le reste à vivre exigé augmente avec la taille du foyer. Un bien à vendre ou un crédit en cours modifient aussi le calcul.
Par Sandy MASCART, mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement ORIAS 26000541
L'essentiel à retenir
- À revenu total identique, un ménage à deux revenus et une personne seule n'obtiennent pas le même montant : le reste à vivre n'est pas proportionnel au foyer.
- L'échéance d'un prêt relais peut sortir du calcul du taux d'effort si sa quotité de financement reste sous un seuil fixé par le Haut Conseil.
- Demander un relais plus élevé peut faire perdre plus de capacité qu'il n'apporte de trésorerie, dès que la quotité franchit ce seuil.
- L'apport réel d'une revente n'est pas le prix de vente : il faut en retirer le capital restant dû et les indemnités de remboursement anticipé.
- Financer une résidence secondaire ou un locatif en parallèle consomme de la capacité résiduelle, et se calcule après la résidence principale.
À ce niveau de revenus, le calcul de base ne change pas : une échéance maximale sous le plafond d'endettement, traduite en capital. Ce qui fait gagner ou perdre le dossier, c'est ce qui l'entoure — un second emprunteur, un bien à vendre pendant l'achat, un investissement à côté. Cette page, rattachée au dossier sur la capacité d'emprunt, traite ces trois cas. Elle ne chiffre pas le montant à votre place : sa dernière marche dépend de la grille de reste à vivre de la banque, qu'aucun texte ne publie.
Le mécanisme général — mensualité maximale, formule d'annuité, effet de l'apport — est sur la page consacrée au premier achat. Ici, seulement ce qui change quand on est deux, ou quand on achète pour la deuxième fois.
Combien peut-on emprunter avec 3 000 € de revenus par mois ?
Le calcul est le même que sur n'importe quel autre revenu : mensualité maximale sous plafond d'endettement, convertie en capital par la durée et le taux. Mais à revenu total identique, un ménage à deux revenus et une personne seule n'obtiennent pas le même montant.
35,00 % ()Note de méthode. Aucun tableau de montants sur cette page. Un montant empruntable dépend du taux du moment ; figé dans un article, il ment dès le trimestre suivant. Les chiffres affichés ici sont des valeurs réglementaires, avec leur date d'effet et leur source.
La question se pose souvent à l'envers : quel revenu faut-il pour tel montant ? C'est le même calcul retourné, mené pas à pas dans quel salaire pour emprunter 300 000 € — de quoi tester un projet avant même de réunir les pièces.
Seul ou à deux : pourquoi le même revenu ne donne-t-il pas la même capacité d'emprunt ?
Parce que le plafond d'endettement est un pourcentage, mais que le reste à vivre est un montant. Un pourcentage se comporte de la même manière quel que soit le nombre de personnes ; un reste à vivre, non : il augmente avec la taille du foyer, sans lui être proportionnel.
Conséquence pratique : 3 000 € gagnés par une seule personne sans enfant et 3 000 € gagnés par deux personnes avec deux enfants ne produisent pas la même capacité, alors que le taux d'endettement calculé sera identique dans les deux cas. Le second verrou n'est pas le même.
Ce second verrou, le reste à vivre, n'est fixé par aucun texte ni aucun barème officiel : chaque établissement applique une grille interne qu'il ne communique pas. Aucun montant ici, donc — les tableaux qui circulent d'un comparateur à l'autre ne proviennent d'aucune source vérifiable. Sa forme, elle, est connue : un forfait par adulte, un forfait plus faible par enfant à charge, modulés par le lieu de résidence et le statut d'occupation après l'achat.
Autrement dit, à 3 000 €, la question n'est pas seulement « combien » mais « pour combien de personnes ». Le même montant, divisé par un foyer plus large, franchit le second verrou plus difficilement — alors que le premier, lui, ne bouge pas d'un point.
La manière dont ces 3 000 € se répartissent entre deux têtes obéit à une autre logique encore, et elle ne se lit pas dans le taux d'endettement. Elle est traitée, avec tout le couple emprunteur — engagement solidaire, régime matrimonial, apport inégal, quotes-parts —, dans l'article dédié à l'emprunt à deux.
Fixe, variable, dividendes : ce que la banque retient sur 3 000 €
À ce palier, ce n'est plus le montant du revenu qui pose question, c'est sa composition. Un salaire fixe de 3 000 € et un fixe plus variable qui atteint 3 000 € en moyenne ne donnent pas la même capacité, parce que la partie variable est retenue autrement — quand elle est retenue. Même chose pour les dividendes d'un dirigeant, les commissions d'un commercial, les primes d'objectif. Le détail, revenu par revenu, est dans l'article consacré au revenu retenu.
Faites donc établir votre revenu retenu avant de fixer un budget. Un dossier construit sur le revenu affiché, puis recalculé par l'analyste sur le revenu retenu, perd en une phrase la crédibilité qu'il avait mis trois semaines à construire.
Ce que change l'apport, et ce que change un crédit en cours
Le mécanisme ne varie pas avec le revenu : l'apport augmente le budget, pas la capacité d'emprunt ; une charge de crédit en cours retire à la mensualité disponible tout ce qu'elle mobilise. Le détail est sur la page du premier achat.
Une nuance, propre à ce profil, pèse lourd : à ce stade, l'apport vient souvent d'une vente qui n'a pas encore eu lieu. Il n'existe donc pas au moment où la banque instruit le dossier. C'est tout le sujet de la section suivante.
Et si vous vendez un bien en même temps que vous achetez ?
Deux voies. Vendre d'abord, ce qui suppose de se loger entre les deux, mais donne un apport certain. Ou acheter d'abord avec un prêt relais, ce qui préserve le calendrier mais fait entrer une charge supplémentaire dans le calcul d'endettement pendant toute la durée du portage.
Prêt relais : l'effet de seuil qui fait gagner ou perdre de la capacité
Contrairement à ce qu'on lit partout, l'échéance d'un crédit relais ne pèse pas toujours dans le taux d'effort. La décision du Haut Conseil de stabilité financière l'en exclut tant que la quotité de financement du relais reste sous un seuil — la quotité étant le rapport entre le montant du relais et la valeur du bien mis en vente, nette du capital restant dû sur le prêt en cours.
Comparaison large : l'exclusion joue jusqu'à ce seuil inclus. Au-dessus, le relais réintègre le calcul et la capacité s'effondre d'un coup.
- En vigueur depuis le
- Source
- Décision D-HCSF-2023-6, art. 1er, 2. — Légifrance
C'est un effet de seuil, pas une pente : sous la limite, le relais est neutre au regard du plafond d'endettement ; au-dessus, il redevient une charge pleine. D'où une conséquence contre-intuitive — demander un relais plus élevé peut faire perdre plus de capacité qu'il n'en apporte de trésorerie. C'est le premier calcul à faire, avant même de discuter le montant avec la banque.
Cette exclusion ne vaut que pour le plafond d'endettement réglementaire. Elle ne dispense ni du reste à vivre, ni de l'analyse de la banque, et la charge réelle demeure : en franchise partielle, vous payez les intérêts et l'assurance pendant le portage ; en franchise totale, rien, mais intérêts et capital sont soldés en une fois à la vente. Ces deux formes sont comparées dans l'article dédié au prêt relais ; ici, seul compte leur effet sur la capacité.
Catégorie distincte de celle des prêts immobiliers amortissables : un relais ne s'apprécie pas au même plafond.
- En vigueur depuis le
- Source
- Légifrance
Trois points de vigilance, dans l'ordre où ils font tomber les dossiers.
Le premier : la banque ne prête pas sur la valeur que vous espérez. Elle retient une valeur prudente du bien à vendre, inférieure à l'estimation de l'agence, et n'en avance qu'une quotité, qui se discute selon l'état du marché local. L'écart entre le prix espéré et le montant réellement avancé est la première mauvaise surprise d'un achat-revente.
Le deuxième : votre apport réel n'est pas le prix de vente. Il faut en retirer le capital restant dû sur le prêt en cours, les indemnités de remboursement anticipé s'il y en a, et les honoraires d'agence si la vente passe par une agence. C'est le calcul que je refais systématiquement en rendez-vous, parce qu'il est presque toujours faux dans la tête du vendeur.
Les indemnités de remboursement anticipé sont plafonnées par la loi, sur une double limite. Le plafond joue en votre faveur, mais la ligne reste à inscrire dans le calcul de l'apport disponible.
Le troisième : le portage a une fin. Le relais a une durée maximale ; au-delà, il faut avoir vendu ou renégocié. Écrivez le plan B dès le départ : baisse de prix acceptée à telle date, mise en location ou transformation du relais. Le décider quand le délai est consommé, c'est décider sous contrainte.
La durée du portage se compare au délai de vente réel du secteur et du type de bien, pas à une moyenne nationale : un appartement lyonnais bien placé et une maison en périphérie ouest ne se vendent ni au même rythme ni au même public. Ce décalage est traité dans l'article sur la durée d'un prêt relais dans l'ouest lyonnais. La bonne question, avant toute autre : à quel prix le bien part-il en quelques semaines, et non à quel prix aimerait-on le vendre ? L'écart entre ces deux nombres est le vrai coût du relais.
Faut-il financer une résidence secondaire ?
C'est possible, mais l'analyse n'est pas celle d'une résidence principale. Aucun revenu ne vient compenser l'échéance, qui entre donc en totalité dans le calcul d'endettement, et les prêts aidés à l'accession à la résidence principale ne s'appliquent pas.
Trois conséquences concrètes, rarement dites.
D'abord, elle consomme de la capacité sans en produire. Contrairement à un investissement locatif, dont les loyers sont réintégrés au calcul, le plus souvent en partie, elle n'apporte rien au dossier : elle se finance sur la capacité résiduelle, une fois la résidence principale servie.
Ensuite, elle coûte plus que sa mensualité : taxe foncière, taxe d'habitation — toujours due sur une résidence secondaire —, charges de copropriété, assurance, entretien d'un bien inoccupé la moitié de l'année. Un budget qui ne compte que la mensualité est un budget faux.
Enfin, un contresens fréquent : la condition d'antériorité du prêt à taux zéro porte sur la résidence principale. Posséder une résidence secondaire ne fait pas perdre en soi la qualité de primo-accédant au sens du dispositif — mais l'échéance du prêt qui la finance pèse bel et bien sur votre capacité. Les conditions exactes du prêt à taux zéro se vérifient au cas par cas.
Peut-on financer un investissement locatif en parallèle ?
Oui, mais pas au même moment et pas avec le même calcul. Les loyers attendus ne s'additionnent pas simplement à vos revenus : ils sont réintégrés selon une méthode qui varie d'un établissement à l'autre, et un bien acquis mais pas encore loué pèse sans rien apporter.
La méthode de réintégration des loyers relève de l'article sur les revenus locatifs. L'enjeu ici est l'ordre des opérations, et c'est une vraie décision.
Presque toujours, la résidence principale passe en premier, pour trois raisons. C'est l'opération la plus sensible au taux d'endettement, donc celle qui souffre le plus d'être faite en second. C'est la seule qui ouvre les prêts aidés à l'accession. Et un locatif récent, pas encore loué, apparaît dans le dossier suivant comme une charge pleine, sans le revenu qui la compense.
Autre question structurante : une banque ou deux ? Concentrer les deux opérations au même endroit donne une vision d'ensemble et du poids dans la négociation. Les répartir garde une capacité d'endettement lisible chez un second prêteur. La réponse se fait dossier par dossier, et dépend surtout de la domiciliation exigée en contrepartie. Le sujet est détaillé dans l'article sur le financement d'un investissement locatif à Lyon.
Que peut-on acheter avec ce budget à Lyon et en périphérie ?
Le budget d'une seconde acquisition ne se lit pas comme celui d'un premier achat. Il ne part pas du prix de vente espéré, mais du produit net de la vente : prix, moins capital restant dû, moins indemnités éventuelles, moins honoraires d'agence.
Trois repères, la donnée elle-même restant sur une autre page. La revente d'un appartement lyonnais finance rarement seule le passage à la surface supérieure dans le même secteur : c'est un arbitrage entre surface et adresse, pas un simple ajout de mètres carrés. L'écart de prix entre Lyon et la première couronne joue à l'achat comme à la revente. Un bien à rénover déplace le curseur, à condition de chiffrer les travaux avant l'offre et de les intégrer au plan de financement.
Le prix au mètre carré par secteur, avec sa méthode, sa période de référence et son volume de mutations, a son article. Et pour ne plus confondre capacité, taux d'effort, reste à vivre et coût total, comme le font volontiers les simulateurs du web : le lexique du crédit immobilier.
Quatre leviers réservés à ceux qui sont déjà propriétaires
Les leviers généraux — solder une charge, mettre l'assurance en concurrence, allonger la durée dans la limite réglementaire — sont sur la page du premier achat. Quatre autres n'existent que si vous êtes déjà propriétaire.
Vendre avant d'acheter, et se loger entre les deux. La solution la plus solide financièrement, et la moins confortable. Plus de relais ni de coût de relais, un apport certain au lieu d'un apport espéré — et une position de force face au vendeur, qui compte dans une négociation.
Faire jouer la clause de transférabilité. Certains prêts anciens se transfèrent sur un nouveau bien, avec leur taux d'origine. C'est rare, et c'est écrit dans l'offre initiale ou nulle part. Cinq minutes de lecture suffisent à le vérifier, et cela vaut la peine quand le prêt d'origine porte un taux inférieur au marché du moment.
Garder l'ancien bien et le mettre en location. L'opération change de nature : le bien devient un actif de rendement, ses loyers entrent dans le calcul, le plus souvent en partie, mais son prêt reste une charge et sa fiscalité change. Un arbitrage patrimonial, pas un tour de passe-passe de capacité.
Utiliser le différé. Sur du neuf ou avec travaux, un différé d'amortissement décale le remboursement du capital. Il soulage la trésorerie pendant la double charge, et la durée réglementaire maximale augmente en conséquence. Il renchérit en revanche le coût total : c'est un outil de trésorerie, pas de capacité.
L'erreur que je vois le plus souvent à ce niveau de revenus
Elle ne porte pas sur le calcul, mais sur le calendrier.
Un achat-revente tourne sur deux horloges, que personne ne synchronise spontanément. On signe un compromis d'achat avec une condition suspensive de prêt calée sur un délai standard, sans regarder le temps qu'exige la vente. On obtient un accord de principe pour un relais sur une valeur d'agence, puis l'expertise de la banque retient moins. On budgète l'apport sur le prix de vente affiché, et on découvre le capital restant dû trois semaines plus tard.
Ce que je fais en premier sur ce type de dossier n'est donc pas de calculer une capacité. C'est d'écrire les deux calendriers côte à côte, avec les dates butoirs réelles, puis de calculer l'apport net de la vente ligne à ligne. La capacité vient après — et, ces deux étapes faites, elle réserve rarement des surprises.
Deux outils chiffrent là où d'autres donnent des ordres de grandeur : le simulateur de frais d'acquisition, pour ce qui sort comptant le jour de la signature, et le simulateur de coût total, pour ce que l'opération coûte en tout à partir d'un prix. Le bon moment pour confronter vos deux calendriers par téléphone : avant de signer le compromis d'achat, pas après.
Sources
Préparer ma demande Appeler le 06 37 98 81 25
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